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| Martinique La réalité de mon pays face à mes idéaux de poète Par Nicole Cage-Florentiny (en Martinique) |
| Mais est-elle si limpide, la réalité de mon pays, que je puisse en parler avec clarté à l’aune de mes idéaux de poète ? Si la clarté se lit de façon indéniable dans la nature, dans ce soleil omniprésent dont les rayons poursuivent les moindres recoins d’ombre, dans ce soleil qui sème des éclats de diamant dans le lit désordonné de l’océan, fait étinceler les feuilles des arbres gigantesques (mais tout n’est-il pas démesure dans ce pays-lumière ?) et resplendir les fleurs, dans la limpidité de l’air qu’il fait au carême, en est-il de même des hommes, des institutions, de l’inconscient collectif de ce peuple qui redoute encore de se nommer peuple ?
Et jusqu’où peut rêver la femme que je suis, jusqu’où peut-elle s’autoriser à rêver pour son peuple un autre avenir que celui qu’il s’est choisi, qu’il continue de se choisir, d’oublis en reniements, jusqu’où peut-elle oser brandir cet idéal, ce rêve d’un monde autre, dédié à l’expression de l’âme, à la quête de l’être, le regard à la fois ancré en soi et tourné vers l’Autre, celui si proche par l’Histoire par la géographie et la culture, celui, plus lointain, auquel nous ouvrons plus volontiers nos portes et nos coeurs qu’à nos plus proches voisins?Encore et encore, obstiné et volontaire, mon rêve revient se fracasser sur les récifs, il lèche les anfractuosités des côtes de mon île, il mendie une faille, un espace où lancer son cri mais inlassablement il est contraint au reflux, et il s’obstine encore et encore, s’obstine à dresser l’étendard de l’espérance…De l’espérance en ce jour où mon peuple sera résolument multilingue pour, débarrassé du prétexte de la langue, tourner les yeux vers les peuples qui s’épanouissent et souffrent si près de nous… De l’espérance en ce jour où mes frères saint-luciens et haïtiens n’auront pas besoin de montrer patte blanche pour aborder en ce dérisoire « morceau de France » égaré dans un archipel… En ce jour où il coûtera moins cher de voler jusqu’à Cuba, à Mexico, ou au Brésil qu’à Paris… De l’espérance en ce jour où dans les écoles de mon pays, le sport, l’expression artistique sous toutes ses formes et le rêve seront non seulement une part importante mais l’épine dorsale des programmes scolaires au même titre que les mathématiques et le français. De ce jour où José Marti, Monseigneur Romero, Alejo Carpentier, Toussaint Louverture, Simon Bolivar, Lumina Sophie, Nicolàs Guillén, Frantz Fanon, Léon-Gontran Damas et Aimé Césaire se promèneront allègrement à travers les pages des manuels scolaires et dans la mémoire, sur les lèvres et dans la psyché de nos enfants… De l’espérance en ce jour où les morts –ceux qui ont pris les armes pour lutter et obtenir l’abolition de l’esclavage en 1848 et dans leur lignée ceux de l’insurrection de 1876 dite « Insurrection du Sud », ceux de la révolte des plantations pudiquement baptisée « évènements de Février 1974 » cesseront d’errer entre mort et non-vie quand nos choix leur donneront à savoir qu’ils ne sont pas morts en vain et qu’ils peuvent désormais reposer tranquilles…De l’espérance en ce jour où, reprenant possession de notre part de l’héritage légué par nos ancêtres africains, celui du Verbe donnant vie aux mythes fondateurs, nous réapprendrons l’alchimie des mots et de la musique qu’ils font naître et, prenant d’assaut les places, les écoles et les rues, les champs et les plages ou le calme d’une véranda, nous conjuguerons le rêve et la folie, la révolte et l’espoir et le goût d’un éclat de rire qui se fraie un chemin entre deux coups de tambour, deux verres de rhum, une pépite de papaye, la transparence d’une eau de coco et la chaleur des acras… L’espérance en des joies simples et douces, en des chagrins compris et partagés…L’espérance en ce jour où le mot peuple ne sonnera plus aussi creux que présentement quand il s’adresse à mon pays. L’espérance du jour où je pourrai dire « mon pays » sans craindre de tomber dans l’emphase et la dérision…Et pour l’heure mon rêve en effet respire l’emphase et la dérision…Car sur la terre où j’habite, le crack fait naufrager le cerveau de la jeunesse.Sur la terre où j’habite des jeunes peuvent tuer un autre jeune pour lui ravir son scooter et ne pas même mesurer l’horreur de leur acte, des bandes rivales s’affrontent dans une ambiance pur-Bronx, les promenades au clair de lune deviennent défi à la prudence et enseigner un risque majeur quotidien.Sur la terre où j’habite des jeunes désoeuvrés peuvent pénétrer dans l’intimité d’une maison choisie au hasard et en tuer le propriétaire pour lutter contre l’ennui sans comprendre ce qui leur est reproché.Sur la terre où j’habite fleurissent les Mac-Do, pizzerias ambulantes et autres fast-foods, le modèle américain s’immisce au fond des palais, s’incruste dans le mental via le petit écran qui s’est transformé en baby-sitter moderne, les enfants deviennent obèses, la musique assourdit, les jeux sont de tueries, les rêves se font cauchemars où des créatures venues d’une autre galaxie veulent liquéfier la Terre… Certains parents s’insurgent encore contre le fait que le créole s’enseigne désormais à l’école et préparent leurs petits à être de futurs stars-académiciens. Sur la terre où j’habite, l’on vibre avec les protagonistes d’une émission de télé-réalité tandis qu’en Haïti, en Irak ou en Palestine pleuvent les morts.Les « produits du terroir » coûtent affreusement plus chers que ceux venus de France et « consommer local » relève parfois du luxe. Sur la terre où j’habite des cités anarchiques se dressent en des lieux inattendus, bouleversant l’équilibre des réseaux familiaux et de voisinage où s’ancraient la solidarité et la vigilance, provoquant le surnombre dans les classes des établissements scolaires qu’ils avoisinent et l’éclosion de nouvelles formes de délinquance. Alors où, où peut s’inscrire mon idéal, dans quel espace-peuple, quel espace-temps, quelle réalité peut-il espérer voir le jour ? Alors alors, il se vêt d’amertume, teinte mes mots de tristesse, de mélancolie et de révolte, mais tenace, têtu, il les nourrit aussi d’amour et d’espérance. Et quand il –ce peuple- se prend à se mobiliser et à tendre la main à Grenade et à Haïti disséquées par de meurtriers ouragans, quand, touché par la grâce il se prend à créer autre chose que du vent, que sa musique, que ses paroles prennent sens et enchantent l’âme (Yélé Mahogany ! Kolo, Ton René ba’y lavwa ! Rastok, Trèffre annou alé !), alors alors, dans l’incendie d’un coucher de soleil, la mélodie des bambous, dans la fraîcheur d’un clair matin où prend naissance un rire gras, dans la chaleur d’un coup de main ou d’une veillée culturelle, dans un hommage rendu à notre Poète majeur ou à un musicien cardinal trop tôt enlevé à nos oreilles et à notre légende (Yé Mona, Léona Gabriel !), dans le vent d’un poème, la courbe d’une sculpture, le délire d’une toile, alors alors le rêve trouve une trace de lumière qu’il s’entête à suivre… Alors alors il est bon d’être née dans ce pays-là, à ce moment-là, dans cette réalité-là, avec ces gens-là, il est bon, oui, d’oser encore brandir son idéal tel un étendard, il est bon et doux de continuer à graver et à lancer mos mots aux quatre vents de ce pays-là qui ne m’a pourtant rien demandé, il est bon de continuer de croire que les rêves conjugués finissent par prendre corps et faire irruption dans la réalité, bousculant les plus sombres pronostics…Il est bon, oui, d’être aussi obstinée que cet idéal qui ne me laisse aucun répit, traquant mes nuits, hantant ma parole, forgeant ma légende personnelle à l’ombre de ce pays où le Ciel a voulu que je vois le jour… |
Artículo tomado de Africultures: http://www.africultures.com/index.asp?menu=revue_affiche_article&no=4215§ion=cahier
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Apuntes sobre francofonía
En comparación con el arraigo secular fincado en un mestizaje más o menos generalizado del mundo de habla hispana o, por el otro lado, con la vigencia y penetración del anglo-americano, sustentadas en la penetración político-económica de los Estados Unidos, podría decirse que la francofonía está en proceso de construcción. Y sin embargo, amparada o no por un concepto que, según los casos, cada quien entiende a su manera, la realidad se impone y la francofonía afirma su singularidad en los diversos espacios que la constituyen.
La necesidad de circunscribir el referente al que remite el término francofonía ha llevado a intelectuales, escritores, hombres políticos, socio-lingüistas, etcétera, a dar la definición que más se acerca a sus intereses y percepción de dicha realidad. Los diferentes enfoques desembocan, por un lado, en una avalancha bibliográfica en la que, por las razones ya indicadas, no siempre resulta evidente identificar un denominador común. Por el otro, esto se traduce en la implementación de proyectos culturales y estrategias políticas con perfiles no siempre coincidentes. Así y todo, en el o los discursos sobre la francofonía subyace la idea de que la lengua francesa es el puente esencial que se tiende entre los diversos actores que la integran. Con la intención de conciliar las distintas posturas mencionadas, valdría la pena revisar algunos puntos que explican parcialmente las divergencias surgidas en cuanto se pretende delimitar el referente en cuestión.
Heredera de la historia, existe una visión idealista que postula a la lengua francesa, por su “intrínseca” pureza, precisión, sobriedad, rigor, claridad y elegancia, como sinónimo de cultura, como la lengua de la cultura, depositaria de los valores humanistas occidentales. Sin cuestionar los fundamentos de esta afirmación, conviene subrayar que tal aserto ha dado pie a que algunos asocien al idioma valores morales y, con ello, operen una especie de sacralización por el respeto y veneración que dichos valores imponen. Esta posición se emparenta con la que atribuye a la lengua una dimensión “mágica” porque permite el acceso a lo inefable, a la realidad que está más allá de las palabras. Un estudioso de estos temas afirma que “se entra en francofonía como se entra religión”. Más allá o más acá de estas investiduras, de código lingüístico destinado a la comunicación, el francés se convirtió en instrumento ideológico cuyo halo mítico marcaba a los elegidos o marginaba a los iniciados. Entran aquí una infinidad de textos de la política cultural francesa en materia lingüística, tanto en los albores de la edificación del Estado-Nación, como durante las diversas campañas colonialistas fuera de Europa. O, en otro sentido, esto también dio pie a la aspiración a pertenecer al Olimpo de las letras francesas gracias a un manejo tan perfecto de la lengua que no dejara traslucir ni el origen ni el color de la piel del forastero, fenómeno frecuente en las antiguas colonias.
Considerar que una lengua por sus cualidades y características legitima la superioridad de una cultura, de un pueblo y su derecho a descalificar a otros, es un enfoque que ya no engaña ni a propios ni a extraños. Desde luego que esto tampoco supone el desconocimiento o desprestigio de las virtudes de una lengua que, como la francesa, es portadora de una tradición cultural incuestionable y de valores espirituales, estéticos e intelectuales cuya luz hacia el exterior marcó profundamente a otros pueblos. Pero estaremos de acuerdo en que no es la única con tales virtudes y en que existen otros casos similares o equivalentes.
Para André Malraux, quien supo calar hondo en la trascendencia de las expresiones culturales de las antiguas civilizaciones como testimonio de la grandeza que la especie humana entraña en sí misma, pero a veces ignora, apuntaba que Francia era grande cuando se la sentía presente en todo el mundo. Para que la visión del autor del Museo imaginario y de La Condición humana no pierda su alcance y sentido es preciso ajustarla a las circunstancias actuales, es decir a una dinámica lingüística y cultural policéntrica, que rebasa las fronteras hexagonales.
Si la visión humanista, ligada a la historia de una nación centralizada y centralista, apuntaba a lo universal, hoy día es menester precisar que universal no es sinónimo de idéntico, y que, por lo mismo, la aspiración de los pueblos a la integración en conjuntos más vastos presupone como condición sine qua non la aceptación y el respeto de las diferencias. Todavía más, la sobrevivencia de la francofonía estriba justamente en la riqueza potencial que define a la diversidad. Ya nadie discute que el francés es el instrumento lingüístico escogido por algunos para expresar tradiciones culturales diferentes de las secularmente ligadas a la propiamente francesa. Y muy en contra de las posturas de algunos puristas, la evolución que esta lengua va describiendo en las diversas regiones que la practican habla más de su vitalidad que de su desintegración o degeneración.El contacto con otras culturas conlleva la ruptura de la norma y en este enfoque policéntrico se acentúa el carácter dinámico inherente a toda lengua. Para que ésta viva, tiene que ser utilizada –en la comunicación oral y escrita— y, en virtud del principio de creatividad que la define, responder lo mejor posible a las necesidades del usuario, con su identidad, contexto, intenciones, etcétera. Cada lengua entraña mecanismos y recursos susceptibles de generar al infinito enunciados comprensibles y correctos. La filología muestra que las lenguas cambian perpetuamente de piel, que lo que muchas veces fue una “desviación”, con el tiempo y el uso se convirtió en regla, a pesar de las sacrosantas academias. Los ejemplos abundan incluso en el francés metropolitano: cambio de terminaciones verbales (-ois por –ais en el imperfecto), desaparición del pasado simple en el registro oral o la incorporación de neologismos.
En el policromático mosaico de la francofonía, el francés se vuelve múltiple y los particularismos (regionalismos, barbarismos, neologismos, etcétera) son, las más de las veces, meras desviaciones resultantes de la dinámica ya descrita que, como vimos, también reproducen en Francia.Ampliando la reflexión, no es posible perder de vista que los mecanismos de apropiación de la lengua no son los mismos para un hablante nativo que para aquel que la adquiere como segunda o tercera lengua, y esto también en función de las características y estructuras de su idioma materno. La política de difusión del francés en contextos bi o plurilingües debe dar por descontado ese proceso de aclimatación a otras realidades y de coexistencia con otros códigos lingüísticos que, obligatoria e inevitablemente, traslucirán en diferentes planos.
Decíamos que la francofonía es una realidad, pese a lo movedizo del referente. Ese carácter no fijo del referente obedece justamente a que se trata de una realidad diversa. Está fuera de debate que, actualmente, cerca de 175 millones de individuos utilizan el idioma francés para comunicarse y, entre otras definiciones, es ésa la realidad que se denomina como francofonía. Empero, en la medida en que esos millones de hablantes recurren de diferente manera, en diferentes circunstancias, y con diferentes propósitos a este idioma, los componentes y los contornos de dicha realidad dejan de ser definitivos, sobre todo si no se pierde de vista su naturaleza heterogénea. De esto deriva un tópico ampliamente debatido en muchos foros sobre el tema, a saber, el de la existencia de una francofonía con Francia como norma y patrón, o la de varias francofonías, enfoque que impondría una concepción policéntrica.El discurso reciente sobre el particular traduce cada vez con mayor claridad la convicción de que reivindicar una identidad en función de la lengua puede ser abusivo, en cuyo caso sólo las regiones donde el francés es lengua materna podrían fundadamente enarbolar esa bandera. Igualmente inoperante ha empezado a ser apelar al suelo en que se nació como único factor determinante de la construcción de una identidad. Otro riesgo que se ha denunciado es el de suponer que hablar de francofonía evoca en el acto una sensibilidad común e intrínseca a la lengua de referencia. Aquí se reconoce en parte la postura inicial de Léopold Sédar Senghor: concebir que la lengua equivale a un principio totalizador de pertenencia y adhesión a una comunidad implica el riesgo de ignorar o descalificar la existencia de las singularidades etnográficas y de los perfiles históricos particulares de cada uno de los pueblos que recurren a la lengua francesa.
En esta perspectiva, lo que procede es concebir una francofonía que no sólo tiene en común el uso de un mismo código lingüístico, sino que abarca un conjunto cultural rico y complejo, dinámico y capaz de asumir los retos del siglo XXI; que esta comunidad, definida por la diversidad, es crisol de manifestaciones culturales que exigen su aprehensión y análisis dentro del contexto específico que las produce y no en relación obligatoria con patrones eurocentristas. Éste será quizá uno de los caminos que permitan identificar más fundadamente las diferencias y, sobre todo, lo que realmente constituye el espacio común con los demás pueblos francoparlantes. Retomamos las palabras de Jean-Louis Joubert quien afirma al respecto: “La francophonie pourrait se définir comme la prise de conscience récente de la multiplicité, de l’importance et de l’ambigüité des rôles du français dans le monde. […elle] représente la découverte que des cultures différentes peuvent s’affirmer dans leur diversité à travers une langue partagée : le français” (Chemins actuels, N°45, México, 1992, p.34).
Sentado pues el carácter múltiple de la francofonía, tanto los pueblos cuya lengua materna es el francés como aquellos que a ella recurren por otros motivos históricos, convergen en la necesidad de proclamar a través de esta lengua su arraigo a tradiciones que no son necesariamente las de Francia.
Sobre esta base, es preciso que las acciones tendientes a fomentar y a difundir el francés no excluyan la luz que arroja el conocimiento de las lenguas y las culturas locales, dentro de un marco de respeto. La construcción de un espacio francófono tiene que pasar por la conciencia y la aceptación de su naturaleza multilingüe —puesto que en la mayoría de los casos el francés está en contacto obligado con otras lenguas nacionales— y por la voluntad de aprovechar a fondo las potencialidades de esa pluralidad. Cabe añadir que, incluso en Francia, las numerosas e importantes minorías de diversos orígenes allí asentadas imprimen su huella particular a la cultura francesa actual. La experiencia de estos grupos de inmigrantes nos hace recordar las palabras de Ibrahim, el médico judío de la familia de Boabdil, el último sultán de Granada, en las maravillosas páginas de Antonio Gala: “Al fin y al cabo […] un idioma ha de servir para entenderse con los otros, no para ocultarse detrás de él” (El manuscrito carmesí, Planeta, Madrid, 1998, p. 81). Este sabio personaje, que hablaba tanto el hebreo como el árabe y el castellano, se refería a la posibilidad privilegiada de aderezar su discurso con términos de otros idiomas si resultaban más precisos y con ello enriquecía el idioma.
En efecto, para nadie es un secreto que disponer de otra lengua evita la enajenación que amenaza a todo monolingüismo; alguien dijo que quien habla la lengua del otro es superior a ese otro. Más aún, ese puente hacia el otro, que permite salir de los propios límites, es condición indispensable para las satisfacción de esa especie de “búsqueda de un suplemento del ser” que el hombre experimenta pues sólo así se aprecia, en su verdadera dimensión, el sabor de la diferencia, la que nos define y la del otro, ese suplemento que nos enriquece. Este impulso es factor de acercamiento, puente, paso hacia el otro, no para que se convierta en lo que somos, sino para que se convierta en lo que es en sí mismo.
No han faltado los análisis que apuntan más hacia la unidad del conjunto que hacia su heterogeneidad; sin embargo, a nadie escapa que el terreno está sembrado de ambigüedades porque si bien existe una voluntad de encuentro en el terreno común de la lengua, también se reclama el derecho a la diferencia. Francia sigue ejerciendo un poder de imantación que, en ocasiones, acarrea la descalificación de lo propio en el sentido opuesto. Y entre esos dos polos no deja de generarse una multiplicidad de reacciones contradictorias.
Entre un nacionalismo a ultranza y la devaluación de la propia identidad, entre la diglosia y el rescate de una historia fracturada, hay que encontrar el terreno en el que las individualidades afloren y se enriquezcan libre y espontáneamente. Las miradas cruzadas que logren prescindir del filtro central —cuya marca es de suyo determinante en la existencia de la red— aportarán más a la percepción global y equilibrada del conjunto. Los beneficios que cabe esperar de la virtual riqueza de la comunidad francófona podrán concretarse y multiplicarse siempre y cuando se valorice y fomente el patrimonio cultural de cada uno de sus miembros, mediante acciones simultáneas a las que persigan cultivar el diálogo con los demás interlocutores francoparlantes. Nada se ganará con minimizar o devaluar las culturas locales en favor de la aplicación de modelos a menudo inoperantes en contextos nacionales muy diferentes.
Para acercarse al objetivo planteado, es decir la delimitación de la francofonía, conviene propiciar esas miradas cruzadas que, transversalmente, reflejen y enriquezcan la imagen que cada quien tiene de sí mismo. ¿Cómo ven los quebequenses, desde su realidad, a los magrebíes o éstos a los antillanos? ¿Cómo abordan los romandos el mágico universo africano? En fin ¿cuál es la lectura que hacen los belgas de las vivencias de los judíos norafricanos que escriben en francés? Y para completar estas hipótesis, ¿cómo acercarse al intrincado espectro de vivencias identitarias tejida por los cada vez más numerosos migrantes a lo largo y ancho de los espacios francófonos? Estos acercamientos transversales dentro de la red francófona abrirían un abanico de matices en la percepción del otro, sin abandonar el terreno común de la lengua.
Desde el punto de vista estrictamente literario —y, en no pocos casos, también en lo económico, lo científico y lo tecnológico— la mayoría de los pueblos aglomerados por el concepto de francofonía dependen de la legitimación metropolitana, casi diríamos parisina. Con todo, este estatus marginal va cambiando con el impulso a los espacios literarios locales ya existentes o la creación de otros nuevos, que poco a poco sientan precedentes para un funcionamiento más autónomo. Tales son, por ejemplo, los casos de Quebec y, por supuesto, de Bélgica y Suiza. Para acelerar el proceso y así consolidar al conjunto como tal, lo importante es pues el establecimiento de vasos comunicantes que, en sentido transversal, canalicen los flujos entre todos y cada uno de los nudos de la red.
Sin alejarnos de esta línea de reflexión, creemos oportuno subrayar que la noción de Santiago García de la cultura como “entidad orgánica en la que múltiples elementos influyen unos sobre otros” modifica la visión que plantea a la cultura del colonizador como única donadora y a las culturas locales como simples receptoras, cuando en realidad éstas han modificado profundamente a la cultura dominante. Los intercambios entre todos los puntos de una red en la que cada nudo tiene que ser un centro, han de convertirse en tarea común. El flujo debe correr en todas las direcciones para fincar una verdadera solidaridad, equitativa y respetuosa.Para concluir, estoy convencida de que podría irse más lejos en esta voluntad y aspiración hacia el fortalecimiento de una francofonía definida por su diversidad —como la del mundo actual— y celosa de ella. Desde fuera pero no ajena, la mirada de, llamémosles, terceros puede arrojar una luz no menos reveladora sobre la construcción de lo que pretende ser una vasta comunidad unida por la lengua. Me refiero concretamente a la percepción que los hispanohablantes, y en particular los de este lado del Atlántico, podemos tener de ese complejo proceso de definición y afirmación de identidades para las que la lengua es expresión de una cultura, la francesa, pero también vehículo de otras harto diferentes.Dicho de otro modo, somos una suerte de tercera alteridad en quien la experiencia de la colonización y del mestizaje representa una plataforma autorizada para entender el conflicto de la desposesión, pero también el privilegio de que dos o más manantiales junten sus aguas y alimenten el cauce en el que se gesta nuestra identidad.
Laura López Morales
México, enero 2007
Artículo publicado en el primer número de Voces de la francofonía en abril del 2007
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Entre confines lingüísticos, geográficos y simbólicos
DESPEJANDO CONCEPTOS
El tema que nuestra asociación escogió en esta ocasión como eje de las reflexiones de los canadianistas aquí reunidos, nos invita a hacer algunas puntualizaciones previas. Hablar de fronteras reales y fronteras simbólicas supondría aclarar de entrada lo que entendemos no sólo por frontera, sino muy especialmente por real como opuesto o complemento de simbólico.Precisaré, muy brevemente, el sentido en el que asumo la noción de frontera. La etimología latina nos dice que el término deriva de frons, frontis aplicado a la parte anterior del rostro, a la fachada de una construcción o a la superficie destinada al contacto con alguien o con algo. Aunque no nos interese por su referente bélico, existe igualmente la acepción relativa a la franja de territorio donde se asientan las tropas para repeler al enemigo, en situaciones de guerra. La palabra también suele evocar límite, demarcación, confín y, en ocasiones, barrera que separa y delimita, en sentido propio y figurado. Pensemos en que, buena parte de nuestra vida, nos movemos entre y dentro de fronteras geográficas, culturales y lingüísticas equivalentes a otras tantas barreras mentales y sociales, a fin de cuentas simbólicas y que, según los casos, defendemos por instinto de conservación -alguien diría, de identidad- o bien, cuando la alteridad ha dejado de resultar amenazante, nos esforzamos por franquear animados por la necesidad de comunicación, de encuentro y de comunión con el otro.[1]
Pasemos, aunque sea de manera un tanto rápida, a las otras dos nociones de nuestro programa temático. El adjetivo real nos remite claramente al sustantivo realidad, y estoy segura de que estarían de acuerdo conmigo en que se llenarían muchas páginas para definir lo que, según el enfoque: filosófico, físico, social, literario, etc…, cobijamos con ese término. Para no entrar en las enredadas argumentaciones propuestas por los teóricos de la literatura a propósito de escuelas como el realismo, o por los filósofos como Kant, que opone dicha noción a idealismo y a espiritualismo, me atendré únicamente a lo que apunta el diccionario: del latín realis, que a su vez proviene de res, cosa, aplicado a aquello que tiene existencia verdadera y efectiva. En este caso nos importa subrayar dos aspectos; por un lado: la dimensión concreta, en tanto que derivado de res cosa; por el otro, nos interesa su carácter de verdad.Veamos por último de qué manera acabamos de ceñir nuestro enunciado con lo que el segundo adjetivo sugiere. En este caso la raíz griega symbolon (signo, marca distintiva), nos remite a la imagen o figura con que se representa materialmente un concepto. En sus orígenes equivalía a “señal de reconocimiento, pieza de identidad”, correspondiente a un objeto dividido en dos partes, cada una de las cuales era conservada por un amigo al separarse de otro; durante la ausencia del que se alejaba una mitad evocaba la otra y la unión de ambas atestiguaba la amistad indisoluble de las dos personas. Con el tiempo, el término se aplicó al “hecho natural u objeto que evoca por su forma o su naturaleza, una asociación de ideas con algo abstracto o ausente”; esta definición se emparenta con la que nos sugiere un elemento susceptible de dos interpretaciones. Desde el punto de vista de la retórica éste sería el caso de la metáfora y de la metonimia. Lo cierto es que el vocablo es de uso delicado, sobre todo si aceptamos que en su forma adjetival suele designar igualmente algo significativo o alegórico, que figurativo o convencional. Otra acepción que denota un debilitamiento del sentido original remite a aquello que, sin dejar de ser real, carece de eficacia o de valor en sí mismo fuera de su papel de símbolo. Podríamos tomar en cierto sentido el ejemplo de las monarquías sobrevivientes en la política europea.[2]
Ahora bien, si nos ceñimos específicamente a la temática que pretendemos desarrollar, no podemos perder de vista que las nociones arriba evocadas adquieren nuevas connotaciones a la luz de conceptos más recientes como zonas de contacto, desterritorialización, espacio lingüístico, “entre-deux”, espacios transfronterizos[3] que no designan otra cosa sino el desdibujamiento de las fronteras y límites en los ámbitos de la raza, la lengua y la cultura que define a la situación de hibridez, mestizaje y heterogeneidad.
A partir de lo anterior, podríamos decir, de manera esquemática, que las fronteras reales, verificables o identificables en el espacio, equivaldrían más o menos a las líneas divisorias entre estados, provincias, municipios y barrios en las ciudades que, por lo demás, pueden corresponder, grosso modo, a otras tantas fronteras sociales y culturales. En este último caso, es cierto, el carácter de dichos linderos suele ser no muy estable en virtud de la intensa movilidad demográfica que se registra particularmente en algunas regiones. Éste es, entre otros factores, el origen de las fronteras simbólicas que se manifiestan a su vez, tanto en el plano social como en el cultural y el lingüístico, por ejemplo entre canadienses -anglos o francos- y amerindios e inmigrantes. Ahora bien, si aceptamos el fenómeno de la desterritorialización[4], dichas fronteras se mueven constantemente y por lo mismo todo se vuelve zona de contacto.En contextos multiculturales, las lenguas como medio de interacción social o como instrumento de escritura literaria, se convierten en un espacio problemático porque si bien establecen puentes que invalidan ciertas fronteras entre grupos identitarios diferentes, también son el terreno en el que las peculiaridades de cada quien suelen ponerse de manifiesto y, en ocasiones, donde se afirman las diferencias individuales. En el caso de Québec, (como sucede seguramente en otras naciones que asumen claramente su plurilingüismo) la traducción del inglés al francés se utilizó hasta no hace mucho como estrategia para abatir las fronteras lingüísticas en las dos comunidades mayoritarias.[5]
Una cosa es cierta, el inmigrante que aspira a penetrar en la cultura de la sociedad receptora tiene que aceptar la necesidad de aprender no sólo la lengua sino otros códigos sociales de la colectividad de adopción. Por otra parte, y para subrayar la complejidad de la situación, las más recientes investigaciones[6] ponen en tela de juicio la supuesta y casi mítica homogeneidad de la cultura y del pueblo quebequenses en el espacio más o menos delimitado de la provincia. Es por ello que conviene también precisar que, independientemente de la nueva interacción entre grupos culturales diferentes, la creación de espacios fronterizos, que separan y acercan a la vez, pone en riesgo la, tan defendida por algunos, “unicidad” de la cultura receptora, como sucedió en cierto momento en Quebec. Es aquí donde cabe preguntarse y hacer extensiva la interrogante a muchas otras latitudes del mundo actual: ¿en dónde empieza y en dónde termina una cultura?A este respecto, Sherry Simon afirma muy atinadamente que:
El debate acerca de la identidad cultural en Québec participa obligatoriamente de un contexto mundial caracterizado por profundas mutaciones tanto socio-demográficas como conceptuales. Las migraciones sin precedente de la era poscolonial, la aceleración de las comunicaciones y de los desplazamientos, y la internacionalización de la cultura de masa que de ello deriva, van acompañados por revoluciones en el orden de las afiliaciones identitarias. La creciente heterogeneización de las poblaciones y la dispersión de sus fidelidades imponen un reto a las imágenes y a los mitos de la especificidad de la cultura nacional (1991; p.17)
Consciente de que esta problemática es inagotable y de que la evoqué un tanto irresponsable y temerariamente, quisiera cerrar esta primera parte con lo que al respecto nos dice otro investigador en la materia. Sin perder de vista las diferentes posturas que se han adoptado respecto a la noción de “cultura”, James Clifford subraya que ésta ha ido perdiendo su antigua dominante de transmisión y continuación de tradiciones, usos y costumbres depositarias de la especificidad del grupo en el que evoluciona cada individuo. La cultura se ha convertido en nuestros días en una suerte de “performance improvisée” […] “la diferencia cultural ya no es una otredad exótica y estable; las relaciones de alteridad son más bien asunto de poder y de retórica, que de esencia”.[7]Así que ahora resulta cada vez más difícil que las señales de reconocimiento emitidas por una comunidad tengan la misma vigencia y efecto que antaño pues el abigarramiento del paisaje cultural actual las desdibuja y las vuelve inoperantes. Esto sucede sobre todo si se adopta un corte sincrónico, a la manera de Foucault, donde veremos que la cultura está más vinculada con el espacio. En efecto, al dejar de ser vista como el conjunto de tradiciones perpetuadas en función de un eje diacrónico, lo que se yergue ante nosotros es una “densidad horizontal”, sobrecargada de representaciones que poco o nada tienen que ver con la transmisión de un código de valores seguro. Los referentes discursivos de los grupos que comparten un espacio dan lugar a una gran diversidad de interpretaciones y, por lo mismo, las zonas de contacto de dichos grupos son, por su movilidad, otras tantas fuentes de sentido.
LA ALTERIDAD COMO FRONTERA
Aunque los especialistas[8] no se pongan de acuerdo respecto a la fecha exacta de su nacimiento, no resulta difícil identificar desde los inicios de las letras canadienses en francés a quién remitía, en el imaginario de los descendientes de los primeros colonos galos, la vivencia de una alteridad conflictiva. A decir verdad, aunque de manera reductora, se trataba de una doble otredad: por un lado, el inglés, que lo amenazaba de cerca, en su propio territorio; por el otro, el francés, entidad lejana y abstracta que inspiraba resentimiento por el abandono decretado en 1763 o, incluso, admiración como modelo cultural al que era necesario aferrarse para preservar su especificidad. Esos dos “otros” aparecen pues tanto en el discurso literario, como en el ensayístico y en el periodístico. La ideología que permea en la mayoría de los escritos desde esa época hasta mediados del siglo XX traduce bien, aunque no siempre de manera consciente, las fronteras reales y simbólicas que el pueblo francocanadiense se asignaba y defendía. Todavía más, la lengua, la religión, la cultura y el terruño, correspondían a otras tantas fronteras que separaban a esta comunidad del resto de las provincias y de la región.Tan vigentes eran dichas separaciones que, en pleno siglo XIX, encontramos que esta percepción estuvo alimentada, desde dentro y desde fuera, por una suerte de reflejo especular proyectado por las instancias del poder británico. El célebre Rapport Durham (1839)[9] no hace sino consagrar, en términos de arrogancia y supuesta superioridad, la diferencia entre ingleses y franceses. Toda la estructura del escrito redactado por el enviado de la reina Victoria, a raíz de los levantamientos de 1837-1838, reside en la oposición de las características raciales, sociales, económicas, religiosas, culturales, etc.etc. entre el alto y bajo Canadá, es decir entre ingleses y franceses. (cf. p. 64) El documento en su totalidad está planteado en términos de antagonismos. La otredad inglesa representó simbólicamente la colonización y la inferiorización. Esta imagen de sí mismo y del otro, duró todavía más de un siglo y, en ciertos aspectos, se enquistó al grado de alimentar hasta hace unas décadas, y aún hoy día, el proyecto separatista de todos conocido.Pero, para no alejarnos del terreno de las letras que reflejan bien lo vivido en el escenario político, recordemos a escritores como Gaston Miron y Michelle Lalonde[10] que ponen el dedo en una de las llagas más dolorosas del pueblo francófono: la defensa de la lengua, considerada por ellos como el baluarte de su identidad. Ambos poetas subrayan los riesgos que la amenazan debido a la condición de colonización cultural de que son víctimas por un entorno predominantemente anglosajón. En Speak White Lalonde dice a la perfección la dolorosa manera como la diferencia lingüística y, por supuesto, social. En no pocos poemas, también Miron se rebela contra lo que él considera una colonización cultural, palpable de manera insidiosa en la lengua. Sin embargo, y desde una perspectiva más amplia, la alteridad lingüística es sólo una faceta de una realidad más compleja pues la dependencia económica, la subordinación política o la tradición cultural representaron otras tantas barreras entre esas dos comunidades mayoritarias.Al abordar el problema de las fronteras reales y simbólicas que las letras nos permiten descubrir en el imaginario quebequense, resulta sin embargo imposible hacer abstracción de referencias aparentemente ajenas a la literatura. Me explico, al cabo de unas líneas, me percato de mis propias desviaciones, de que me estoy internando en espacios más socio-históricos; y lo que me sucede es que para dar peso y validez a mis aseveraciones considero imperativo justificarlas con otros argumentos. Esto habría sido un pecado en tiempos de la crítica estructuralista; por el contrario y para fortuna nuestra, las nuevas corrientes, y en especial el poscolonialismo, privilegian los aportes de otras disciplinas sociales (sociología, historia, psicología, psicoanálisis, filosofía, hermenéutica…) en la interpretación de los escritos producidos en zonas antiguamente subordinadas a una metrópoli.
Regresemos pues a nuestro hilo conductor, es decir, a la identificación de barreras reales y/o simbólicas en el imaginario quebequense. Desde el punto de vista geográfico, otra frontera que simbólicamente está muy presente en la literatura de habla francesa, pero también inglesa, sobre todo en sus inicios, es la de las grandes extensiones nevadas que ejercieron un efecto de temor y fascinación. Para Maximilien Laroche, investigador y crítico haitiano avecindado en Quebec desde hace muchos años, la enorme frontera lingüística (con respecto a Estados Unidos y al resto de Canadá) y lo que se conoció como el Grand Nord, dieron pie en el imaginario francocanadiense a que la provincia se percibiera más bien como una isla. A este respecto, Edouard Glissant, escritor martiqueño ampliamente conocido, estudia con gran perspicacia la psicología del antillano en la que la pertenencia a un archipiélago determina y suscita un sentimiento de incomunicación y de aislamiento. Sus reflexiones cuadrarían muy bien con ciertos rasgos de los antiguos canadienses.Si seguimos en la perspectiva espacial, con su consiguiente enfoque sociocultural, encontramos otra distinción clave, a saber: la que opone el campo a la ciudad. El imaginario que contrasta el mundo rural frente al urbano es perfectamente discernible, como ya hemos dicho, en la literatura. Novelas como Bonheur d’occasion (1945) de Gabrielle Roy[11], marcan el paso de una población rural a una sociedad urbana debido a las presiones económicas del mundo industrializado. Abundan los ejemplos literarios[12] que a lo largo de la primera mitad del siglo pasado pintan la vida rural. La novela de Roy, que marca un hito en la historia literaria de Quebec, cuenta la historia de una familia de campesinos instalada en Montreal y las mil penurias que deben afrontar en ese mundo urbano despiadado. Bonheur d’occasion pone en escena otra modalidad de las barreras que cuadriculan a una ciudad y a una sociedad al trazar una suerte de mapa simbólico de los diversos barrios de Montreal, equivalentes a otros tantos estratos sociales.
Textos como el de Roy o como el manifiesto de Paul Emile Borduas titulado Refus Global (1948), representan la antesala del gran cambio producido por la Revolución Tranquila, especie de frontera temporal entre el antes de los canadienses franceses y el después de los quebequenses; en pocas palabras, entre una mentalidad paseísta y una voluntad movilizada por la modernidad del presente y los desafíos del futuro. Ahora bien, después del renuevo que representó la Revolución Tranquila, en virtud de la revisión tanto de la autopercepción que los francocanadienses de Québec tenían de sí mismos, como del proyecto nacional que, desde diferentes enfoques, movilizó y canalizó todas sus energías en aras de la construcción de una identidad orgullosa no sólo de su pasado sino, sobre todo, del presente y de un futuro promisorio, las esferas artísticas e intelectuales se percataron de la necesidad de formular la realidad en otros términos. Por principio de cuentas y, como ya se dijo, había que renunciar a la lectura que erigía a la sociedad quebequense -y de paso su reflejo literario- como un todo homogéneo, dentro de un espacio definido en cuyo seno la cultura nacional también parecía ser un bloque unificado. Esta concepción empezó pues a resultar inoperante.
LAS PRIMERAS ALTERIDADES
Es Jean-Charles Falardeau[13] quien afirma que, hasta esos años, la sociedad francocanadiense se siente reflejada en su narrativa, por lo que… todavía resulta posible estudiarla en su totalidad. Esta sociedad es, en más de una forma, insular. Conoce sus fronteras. Y prueba de ello es el hecho de que nuestra literatura no hace mención de ninguno de los universos sociales de otra lengua y de otra cultura que no sólo nos rodean sino que se mezclan a nosotros…y donde, precisaríamos, se imponía la alteridad inglesa. Sin embargo, la posición de este teórico es tal vez demasiado simplificadora porque obedece a la convicción antes señalada de que la sociedad, la cultura y las letras de la provincia francófona constituían un todo homogéneo. En realidad, desde mucho antes la literatura registra la presencia de seres venidos de otras tierras que aparecían como representantes de su cultura; esas obras que trataban tanto de la problemática de las relaciones coloniales, como de las transformaciones operadas en los inmigrantes al entrar en contacto con la nueva sociedad[14], ya son una suerte de constancia del surgimiento de una cultura radicalmente diferente.Por otra parte, la noción de literatura nacional es sacudida cuando el criterio de clasificación es lingüístico. En estos casos es necesario aplicar los conceptos de intertextualidad y de dialogismo para comprender el funcionamiento y la naturaleza dinámica de las lenguas que se forman a base de “préstamos” de otras lenguas; lo mismo sucede con las literaturas y la mezcla o sincretismo de imaginarios y de culturas. En el terreno de las letras, hasta antes de la segunda Guerra Mundial, una frontera simbólica que actuaba de manera inferiorizante y paralizante en la literatura quebequense era la literatura francesa puesto que era el “modelo insoslayable, el ideal inalcanzable y código de evaluación” de lo que se producía en la provincia. Entre la referencia a la antigua metrópoli y la reivindicación de la diferencia por pertenecer al nuevo mundo, reproduce una transformación paulatina.En este sentido podemos observar que el proceso de americanización del discurso poético quebequense se gesta desde la Légende d’un peuple (1887) de Louis Fréchette hasta L’Age de la parole (1965) de Roland Giguère. Fréchette se coloca en la perspectiva del europeo huyendo del viejo mundo que se derrumba y que anda mal. Mas el tono evoluciona hasta los acentos líricos de un Gastón Miron. La historia de la literatura quebequense gira entonces alrededor de dos ejes: la palabra y la americanización.
Los descendientes de los colonos franceses buscan, en el terreno de la identidad, un equilibrio entre los franceses que fueron, los ingleses en que se convirtieron conforme a su estatuto político y los americanos que dicen y pretenden ser. Un criterio para medir el alcance de esta evolución es que, a diferencia de, por ejemplo, una identidad francesa que podríamos considerar como la culminación del pasado, como la lenta construcción de la historia, la noción de quebecidad se abre más bien hacia una perspectiva por venir, como un proyecto futuro. Más aún, habría que añadir que en la historia más reciente de Québec, la presencia cada más militante de los amerindios vino a modificar considerablemente el discurso literario.Para ilustrar esas fases de conflicto en aras de la afirmación de la identidad tomemos un ejemplo de la historia literaria reciente que pone de manifiesto que, dentro de la tradición narrativa quebequense, Kamouraska (1970), se estructura, como muchas otras obras de Anne Hébert y de otros autores, sobre la base de binomios o desdoblamientos, a fin de cuentas equivalentes a fronteras que separan del Otro y, como se ve, considerados casi siempre a través del criterio moral:católico vs protestante o no católico francés vs inglés o extranjero bueno vs malvado esposa vs amante ciudad vs campo o “el gran Norte”, la inmensidad polar… Todavía no hace mucho que, en su conjunto, éstos y otros elementos seguían cuadrando bien con la identidad quebequense, de acuerdo con la lectura que hacemos de ella y con la manera como se construye dentro y mediante la literatura.Si ahondamos en el binomio francés vs inglés o extranjero, presente desde siglos atrás, veremos que en ocasiones cobra matices casi trágicos pues plantea en toda su magnitud el problema de la extrañeza, de la alteridad, con todo lo que eso implica de cuestionamiento de la propia identidad, en virtud de la carga simbólica inherente al estatuto de colonizados. El carácter trágico proviene asimismo de la apretada red que representó la moral social dominante en el Canadá francés, fuente de un cierto grado de fatalidad. La imagen del inglés-extranjero ejerce así una suerte de fascinación en los personajes masculinos, pero de cuya confrontación los quebequenses hombres salen perdedores.
LA ALTERIDAD MULTIPLICADA
En la marejada de revisiones que se vivió por doquier en los años sesenta, la sociedad quebequense no pudo sustraerse a la evidencia de que, a la caída de los imperios coloniales, el mundo entero (primero y tercero) registraba una intensa movilidad demográfica en múltiples direcciones, lo que conllevaría inevitablemente un paisaje étnico inédito en las zonas receptoras de esos flujos poblacionales[15]. No obstante, la toma de conciencia de esta nueva realidad no fue inmediata en la Belle province; había primero que sentar bien las bases de los recientes logros identitarios. Las letras y las artes, así como otras manifestaciones sociales dan testimonio de la ebullición creativa de ese periodo. Dos décadas después se entendió que apropiarse a fondo de la quebecidad, ufanarse ante propios y extraños de su especificidad reforzaba en el pueblo quebequense, la ilusión de su homogeneidad cultural. Sin embargo, no faltaron las voces que empezaron a dar cuenta de los cambios, atentas a los efectos producidos por la presencia de nuevos actores en el tablero social y que condujeron a la aceptación de una realidad marcada por la heterogeneidad, la pluralidad y la hibridez.Si bien es cierto que en épocas anteriores existen no pocos casos de escritores de origen extranjero en el escenario literario quebequense[16], desde los años ochenta el carácter transcultural de la sociedad en general fue una realidad innegable. Y una vez más la literatura constituyó un espacio privilegiado para registrar esa metamorfosis. No sólo los textos escritos por quebequenses de “pura cepa” hablan de preocupaciones más actuales y menos locales y ponen en escena a personajes pertenecientes a las llamadas minorías étnicas, sino que los nuevos ciudadanos, venidos de otra parte, también empiezan a producir sus propias versiones de esa realidad a la que se incorporaron recientemente. Las obras de estos nuevos sectores que, en algunos casos, pertenecen ya a la segunda o tercera generación de inmigrados, llevan casi inevitablemente la marca de historias personales que remiten a otros universos culturales. Es esta pluralidad de voces, su entrecruzamiento, el trauma del nomadismo o del exilio, en ciertos casos, lo que explica el desdibujamiento de fronteras antes estancas. Ahora resulta difícil encasillar en categorías inamovibles a los grupos humanos; sus modos de expresión lingüística, cultural, artística o ideológica también dan cuenta de esta heterogeneidad.Sherry Simon, Lise Gauvin, Simon Harel, Pierre Nepveu, Pierre l’Hérault son sólo algunos de muchos estudiosos de las características que ha revestido este proceso de transculturación, al menos en lo que se refiere a las letras quebequenses. Y larga es la lista de quienes ilustran los nuevos modos de escritura. Mencionaré al menos a aquellos que figuran entre los más representativos sin detenerme en distinguir entre quebequenses e inmigrados: Regine Robin, Sergio Kakis, Marco Micote, Louis Hamelin, Francine Noël, Ying Chen, Dany Laferrière, Antonio d’Alfonso, Fluvio Caccia, France Théoret, Yves Beauchemin.La obra de este mosaico de plumas reclama, para su análisis, la revisión de una serie de conceptos que ya resultan inoperantes: ¿a qué podemos aplicar la etiqueta de literatura nacional? ¿de qué depende la identidad de un individuo, de su lugar de nacimiento o del de residencia, de su lengua materna, de sus afiliaciones ideológicas o religiosas…? Amin Maalouf, escritor libanés residente en Francia, escribió no hace dos años un testimonio[17] muy esclarecedor de los estragos que acarrea proceder a este tipo clasificación.
Los conceptos que ahora permiten abordar tanto las nuevas como las antiguas expresiones literarias, ya no desde los centros del discurso hegemónico, invalidan las oposiciones entre centro y periferia o marginalidad, cuestionan las percepciones monolíticas y, en cambio, hacen emerger las nociones de diversidad, de heterolingüismo, de desterritorialización, de pluralidad, de interdiscursividad, de mestizaje, de transculturación, de transfronterizo… y otras más en las que, como salta a la vista, la presencia inmigrante juega un papel determinante. Acaso la lección más importante que podemos extraer de este repertorio conceptual en torno a la idea de división, sectarismo y separación implícita en la noción de frontera sea la de la necesidad de apertura, flexibilidad y, ante todo, tolerancia.Bien sabemos que la preocupación del quebequense por la identidad conlleva la inquietud por la otredad, con lo que en su obsesión por preservar su esencia identitaria, la otra cara del binomio ha correspondido, según las épocas, al inglés, al amerindio, al estadunidense, al inmigrante, al extranjero en general. Pero, la identidad también resulta problemática no sólo desde el punto de vista cultural, sino desde el sexual, así que la alteridad encarnada por la mujer constituye, a su vez, una fuente de reflexión y de cuestionamiento que se proyecta en la literatura.La presencia de los inmigrantes y su inserción en la sociedad quebequense introduce nuevos temas y crea otras dinámicas en su conciencia identitaria. En un inevitable proceso de apertura, la liberación de lo reprimido conduce a final de cuentas a la aceptación de esos “otros” que hasta entonces habían sido ignorados, borrados o marcados por un significado negativo. Al renunciar a las imágenes negativas de unos y otros, incluso de sí mismos, los quebequenses podrán dar por terminada la lucha defensiva en que han vivido durante siglos.Un cambio resultado de lo anterior es que si en otro tiempo el novelista se sentía un poco el portavoz del grupo, el emisario de un sentimiento colectivo, su voz no era la expresión de su subjetividad, sino de la comunidad.[18]
En la nueva literatura, con la introducción de nuevos temas y enfoques, con la aceptación de una realidad social, cultural y étnica abigarrada, el escritor asume su “yo” y se dirige a otras subjetividades, las de las generaciones de las últimas décadas, que interpreta desde su perspectiva.En la larga fase de construcción de su identidad, que para muchos culmina con la Revolución Tranquila, buena parte de la literatura de este pueblo tuvo la mira puesta en el pasado, con lo que se sustraía del presente y se cortaba del futuro. Una imagen recurrente en dicha literatura es, ya dijimos, la de la isla; esto resulta curioso sobre todo cuando pensamos en la inmensidad del territorio en el que este pueblo echó raíces. Explicación posible de esta especie de obsesión es el sentimiento de aislamiento que, tanto la ausencia de contactos con Francia como el entorno anglosajón y las grandes extensiones nevadas, dominó durante siglos a los franco-canadienses.Por todo lo anterior, no es difícil entender que las primeras fases de la literatura quebequense, sobre todo en el género novelístico estén estrechamente vinculadas con la sociología, la ideología y la historia. En nuestros días la novela se ha diversificado y ha dejado de verse absorbida por la problemática de la sobrevivencia. Y en los últimos años se ha orientado más hacia la búsqueda de nuevas formas de escritura[19] o al tratamiento de temas que rebasan la problemática local en favor de los que engloban de manera más amplia a otros grupos sociales. La novela quebequense contemporánea pudo nacer de la supresión del modelo y de la ideología franco-canadiense; dicho de otro modo, era preciso abandonar, sobre todo desde el punto de vista formal e ideológico, las características de la vieja novela canadiense para facilitar el desarrollo de la novela contemporánea que actualmente integra lo mismo las nuevas escrituras que las corrientes ideológicas modernas: Marx, Lacan, Freud, Tel Quel, Feminismo.Tras un una etapa en la que la literatura se afanó por, sobre la base de la recuperación y afirmación de los orígenes, validar una identidad orgullosa de su homogeneidad y de su capacidad de resistir a los embates del exterior, cualesquiera que éstos fueran, vino la fase en la que, cuando la especificidad y legitimidad del perfil del quebequense quedó fuera de discusión, resultó imposible escamotear la presencia y no menor legitimidad de otros actores. Se trataba por cierto de actores inscritos en la escena local y nacional, en algunos casos desde siglos atrás, y que por fuerza no dejaban, es más no dejan, de jugar un papel importante en el trazo y vigencia de fronteras, sobre todo simbólicas, en perpetuo movimiento. El contexto actual pone así en evidencia la inoperancia de la antigua cuadrícula. Las divisiones que antes funcionaban como una red que hacia legible la realidad y con ello inspiraba seguridad, pero también aislaba, han ido borrándose y desplazándose. Es ese carácter movedizo lo que define en nuestros días a la sociedad quebequense y de ello dan cuenta clara todas las manifestaciones culturales, en general, y la literatura en particular.
Laura López Morales
REFERENCIAS
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ARTÍCULOS
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OTROS TÍTULOS
Beaudoin, Réjean. 1991. Le roman québécois (Montreal: Boreal).Lambton Durham, John George. 1990. Rapport Durham, Col. Typo N° 50 (Montreal: L’Hexagone).Collectif. 1987. Marges et exils. L’Europe des littératures déplacées (Bruxelles: Labor, Archives du future) (cf. Ara et Magris).
NOTAS
[1] En otro espacio abordamos más ampliamente este aspecto del problema: “Fronteras hacia adentro y hacia fuera, el caso de Quebec”, Anuario de Letras Modernas” N° 8, Filosofía y Letras, UNAM, México, 1997, pp: 67-78.
[2] Alain Rey, Le Robert, Dictionnaire Historique de la Langue Francaise, 2 vol. Ed. Dictionnaires Le Robert, Paris, 1994, Paris, p. 2062.
[3] El escritor haitiano René Philoctète publicó en 1989 la novela Le peuple des terres mêlées donde queda claramente ilustrada esta noción.
[4] La noción es definida por Deleuze y Guattari, como uno de los rasgos de las llamadas literaturas menores, en su ensayo sobre Kafka, Editions de Minuit, Paris, 1975. Las nociones de territorialización y desterritorialización pueden ser aplicadas a las diferentes etapas de las literaturas francófonas que, primero se sienten obligadas a hablar de su contexto espacial para, después, desbordar sus límites
[5] cf. “Pour une cartographie de l’hétérogène”, in Fictions de l’identitaire au Québec, p.103.
[6] Hay que mencionar al menos a Sherry Simon, a Pierre Nepveu y a Simon Harel, por lo que toca a Quebec.
[7] citado por Simon, Le Trafic des langues, p.21
[8] Existen grupos de especialistas, uno de ellos encabezado por Bernard Andrès, que se han dado a la tarea de hacer la “arqueología” de las letras quebequenses y han recuperado una serie de escritos de los primeros períodos de la colonia, que hasta ahora estaban excluidos de la investigación literaria realizada por universitarios.
[9] John George Lambton Durham, Le Rapport Durham, L’Hexagone, Montreal, 1990.
[10] Del primero mencionemos los poemas de La Batèche y de La vie agonique, de la segunda el emblemático Speak White.
[11] Nacida en Manitota, provincia del oeste donde todavía sobrevive una comunidad francoparlante, esta escritora es particularmente sensible y así lo refleja en su obra, a los grandes espacios que, cual fronteras, la separan de sus raíces quebequenses.
[12] De Marie Chapdeleine, a La Terre Paternelle, pasando por Menaud, maître-draveur, Les engagés du grand portage, Trente arpents y Un homme et son pêché, por sólo citar algunos títulos.
[13] Imaginaire social et Littérature, p. 100, citado por Simon, Fictions de l’Identitaire, p.38
[14] proceso que, ya en los años 40, el antropólogo cubano Fernando Ortiz definición como “transculturación”.
[15] No esta de sobra mencionar que Canadá ha practicado, en diferentes periodos, una intensa política de inmigración.
[16] Climent Moisan y Renate Hildebrand publicaron el año pasado una revisión muy concienzuda de esta presencia en Ces étrangers du dedans, une histoire de l’écriture migrante au Québec(1937-1997), Editions Nota Bene, Quebec, 2001.
[17] Les identités meutrières,.
[18] Las obras de Aubert de Gaspé y de Lionel Groulx ilustran esta convicción.
[19] Muchos novelistas, pero también poetas y dramaturgos son, con frecuencia, universitarios.
Fecha de publicación en red: 22/Febrero/2004
Revista Mexicana de Estudios Canadienses.
otoño 2002, nueva época, número 4.
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Borrar fronteras y abrir espacios
Pocos saben que Jean-Jacques Rousseau no era francés sino ginebrino, y que el hecho de no precisar el origen no francés (sino belga) de Georges Simenon responde, más que a una simple omisión, a un prurito centralista. ¿Por qué el centralismo cultural no opera del mismo modo en otros autores francófonos? El puntual ensayo de Laura López Morales, autora de las antologías Literatura francófona I, II y III (FCE), sitúa y analiza la literatura que se escribe en francés, hoy, fuera de Francia.
Las letras fuera del hexágono francés
Nuestra familiaridad con la tradición literaria francesa es añeja: su influencia sobre nuestras propias letras ha sido, en ciertos momentos, profunda y significativa. Sin embargo, el halo que la ha rodeado no ha hecho fácil el acercamiento a una valiosísima producción literaria en francés escrita fuera de las fronteras galas. El trabajo es asomarse a cada una de las regiones que, en casi todos los continentes, conforman el abigarrado mosaico de la francofonía. Pero para formarnos una idea más o menos global de tal espectro literario, podríamos empezar por distinguir dos grandes bloques en cuyo seno identificamos rasgos comunes pero también grandes diferencias.
El primer grupo está integrado por las regiones donde el francés es lengua materna y cuya tradición literaria está estrechamente ligada a la de Francia por la sencilla razón de que la historia las hizo formar parte de la misma área lingüística y cultural. Es el caso de las zonas francoparlantes de Bélgica y Suiza. Por otra parte, conviene precisar desde ahora que, en ambos casos, la lengua francesa comparte oficialmente el territorio nacional con una o más lenguas: en Bélgica con el neerlandés y en Suiza con el alemán, el italiano y el romanche. Esta situación de bi o plurilingüismo se presentará igualmente en las regiones que mencionaremos más adelante.
Fuera del espacio europeo, los colonos franceses avecindados en Canadá desde fines del siglo XVI se esforzaron por conservar su lengua, religión y patrimonio cultural; no obstante, el prolongado contacto con los colonos ingleses los hizo evolucionar de manera diferente a lo que se registró en la antigua Madre Patria. Precisemos de paso que, además de la principal concentración francófona en la provincia de Quebec, existen en Canadá otras minorías de habla francesa en Ontario, Manitoba, Alberta y Nuevo Brunswick. Esto por lo que se refiere a la situación del francés como lengua materna. El caso de Canadá nos permite, por lo demás, hacer la transición entre el primer bloque y el segundo, ya que, por un lado, el estatus del francés es el de lengua materna y oficial y, por el otro, es el primer bastión de la política colonialista francesa de Ultramar, con lo que se inaugura el proceso de expansión de la lengua fuera del continente europeo.
De esta suerte, el segundo gran grupo de pueblos que en la actualidad hacen uso, en diversos contextos y con diferentes fines, del idioma francés, corresponde a lo que otrora fueron posesiones francesas en tres continentes de nuestro planeta. Los imperios coloniales se desenvolvieron en dos etapas: del siglo XVI al XIX en la América continental e insular, y del XIX a mediados del XX en África y Extremo oriente. La emancipación alcanzada por estos pueblos en diferentes momentos de la historia no borró de esas tierras ni la huella cultural ni la lengua del antiguo colonizador que, de una forma o de otra, se entretejieron con las tradiciones culturales y lingüísticas locales. En resumen y sin hilar muy fino, podríamos identificar un denominador común entre los dos grupos: los países donde se habla francés son bi o plurilingües.
Esta primera constatación obligará a imprimir matices al acercarnos a cada caso. Para efectos prácticos, obviaremos la historia de la resistencia o sumisión al centralismo francés -nos referimos concretamente al centralismo literario y cultural-, y sólo recordaremos que hasta hace unas cuantas décadas, los manuales e historias de la literatura francesa incorporan como propias a ciertas figuras de primera línea sin precisar lo suficiente los orígenes no franceses de tales celebridades. Tal es el caso del ciudadano ginebrino Jean-Jacques Rousseau y del belga Georges Simenon. La utilización de la etiqueta Literaturas conexas o marginales, aplicada hasta los años setenta a las creaciones literarias fuera de las fronteras galas subraya bien esa tendencia ombliguista. Los vientos han ido cambiando y estas literaturas, por su calidad y empuje, han impuesto una dinámica diferente entre ese centro y la supuesta periferia.
En las latitudes europeas, Suiza y Bélgica, pese a su dificultad por afirmarse frente al peso y al alcance del prestigio literario de Francia, nos ofrecen figuras de gran talla como son el primer caso, Jean-Jacques Rousseau, Madame de Stäel, Charles-Ferdinand Ramuz, Rodolphe Toepffer, Blaise Cendrars, Nicolas Bouvier, Alice Rivaz, Corinna Bille, Jean-Marc Lovay, Monique Laederach, por sólo mencionar a algunos. Sus obras se inscriben en muy diversas tendencias, desde la exaltación del terruño y las raíces, hasta el cosmopolitismo sin fronteras, pasando por la confidencia psicológica, la meditación austera, la imaginación fantástica o la militancia social. En el caso de los belgas, el abanico es igualmente rico, si bien con matices diferentes. La secular convivencia con los Países Bajos imprimió un sello especial al temperamento del pueblo francófono. Para las jóvenes generaciones que vivieron el nacimiento del Estado unitario en 1830, el “alma belga” debía conjuntar los genes latinos y germánicos. Charles de Coster expresa ese sueño en La Leyenda de Ulenspiegel (1874), novela que podría verse como el texto fundador en el que se conjugan las dos identidades. La hibridación de estos dos pueblos y culturas no se ha consumado tanto como De Coster pudo desear, pero la huella de la sensibilidad nórdica ha sido lo bastante significativa y profunda como para que el simbolismo y el surrealismo belgas no sean asimilables a sus versiones francesas y que figuras como Maurice Maeterlinck, Emile Verhaeren, Georges Rodenbach o Paul Nougé, René Magritte, Christian Dotrement, ocupen un primer plano en esas corrientes, sin olvidar en el terreno de la literatura fantástica a un Paul Willems, a Jean Ray, Marcel Thiry o Guy Vaes. Mencionemos al azar otros nombres de escritores contemporáneos clave: Gaston Compére, Pierre Mertens, Michel de Ghelderode, Crommelinck, Claire Lejeune, Dominique Rolin, Henry Bauchau…Luchando entre la atracción y el rechazo de lo que encarna la imagen cultural de Francia, los escritores y artistas o intelectuales, en general, de las regiones francófonas de Bélgica y Suiza continúan y enriquecen una herencia que sabe incorporar los valores de la tradición con las inquietudes del presente, el patrimonio local con los aportes venidos del exterior.
Mediante el Tratado firmado en París en 1763, Luis XV cede a la corona británica sus vastas posesiones en el norte del continente americano; esa fecha corresponde para los colonos franceses al inicio de un nuevo destino. A lo largo de más de dos siglos, la convivencia entre anglófonos y francófonos ha estado marcada por tensiones de diversa intensidad, sin menguar, sino todo lo contrario, la capacidad de resistencia a la absorción cultural y lingüística de la minoría quebequense. La llamada Revolución Tranquila de los años sesenta de nuestro siglo constituye el verdadero despegue de una literatura que, gracias a algunos pioneros de las décadas anteriores, se empeña en reivindicar el respeto a su diferencia, diferencia de un pueblo joven que reconoce sus raíces europeas, pero toma sus distancias frente al entorno anglosajón que la rodea así como a la hegemonía simbólica ejercida por la antigua metrópoli. Las voces de Paul Emile-Borduas, Gaston Miron, Jacques Ferron, Gabrielle Roy, Anne Hébert, Nicole Brossard, Michel Tremblay y de tantos más nos hablan en diferentes tonos y registros de una nueva realidad. El nuevo discurso de este pueblo no descuida ni el verbo poético ni la reflexión teórica, y el imaginario en el que abrevan la narrativa y la dramaturgia es un vasto entramado de tradiciones provenientes de los cuatro puntos cardinales. El paisaje cultural de Canadá y concretamente del Quebec contemporáneo resulta indescifrable si se pierde de vista la dimensión multirracial de su sociedad; la literatura recoge y refleja esa realidad y no son pocos los autores de procedencia extranjera que ocupan las primeras filas de la joven literatura francófona de Canadá: Emile Ollivier, Dany Laferrire y Sergio Kokis, por sólo citar a algunos.
Contemporánea de los primeros asentamientos formales de franceses en el nuevo continente, la ocupación de ciertas islas del Caribe desde la primera mitad del siglo XVII garantiza el arraigo del idioma francés en esas tierras. Haití se independizó en 1804, pero la lengua y la cultura francesas siguen gozando de gran prestigio entre las élites acomodadas y entre los intelectuales. A lo largo de casi dos siglos de vida republicana, que no libre y democrática, la isla ha sido cuna de grandes escritores, muchos de los cuales, aún en nuestros días, han tenido que optar por el exilio. Algunos de los poetas de la negritud, como Etienne Lero y René Laleau, fueron haitianos, al igual que el célebre Jacques Roumain, Jean-Price Mars, defensores de la escuela indigenista. Más cerca de nosotros, Jean Metellus, René Philoctecte, Franketienne, René Depestre, Emile Ollivier, desde la isla o en la diáspora, siguen recurriendo a la lengua francesa para hacernos llegar sus voces, y decimos que siguen recurriendo al idioma francés ya que la lengua materna y nacional es el creole y el 90% de la población sólo habla esta lengua.
La Guadalupe, la Martinica y la Guyana francesa compartieron hasta cierto punto la historia de las demás Antillas: escala hacia el continente en el comercio triangular entre çfrica, América y Europa, colonias de explotación agrícola, de régimen esclavista y población mayoritariamente africana. La continuidad del vínculo con Francia, aun después de la abolición de la esclavitud (1848) y del cambio de régimen administrativo después de la segunda guerra mundial, no ha logrado borrar el fondo común de estos pueblos nacidos del mestizaje. En la causa de la negritud se dieron cita el martiniqueño Aimé Césaire, el guayanés Leon Gontran Damas, junto a otros antillanos y africanos. La lengua francesa les prestó su voz para formular con acentos vibrantes y brillantes el reclamo del respeto a su diferencia y dignidad.
Varias generaciones han seguido, las que reivindican no su negritud sino su antillanidad, como sostiene Edouard Glissant y algunos de sus contemporáneos. La creolidad es la bandera que enarbola la siguiente generación al defender su derecho a la diferencia. Entre sus defensores figuran reputados novelistas como Patrick Chamoiseau y Raphaël Confiant. Pero sin tomar como criterio la posición ideológica, la lista de escritores antillanos, hombres y mujeres, es extensa y variada; aparte de los ya evocados, mencionaremos a algunos cuyos nombres ocupan ya un lugar incuestionable en las letras francófonas actuales: Xavier Orville, Maryse Condé, Daniel Maximin, Simone Schwarz-Bart, Jean-Claude Fignolé…
Antes de cambiar de tierras en este rápido vuelo en alas de las literaturas francófonas, conviene añadir que, junto a éstas, las literaturas en creole van cobrando importancia y ganando espacios en las zonas -Caribe y Océano Indico- donde esas variantes lingüísticas tienen una presencia real y oficial.
El progresivo desmoronamiento de los imperios coloniales iniciado desde los años cuarenta de este siglo y acelerado en las dos siguientes décadas, propició y marcó la eclosión de la literatura africana en francés. Tanto el Magreb -Marruecos, Argelia y Tunicia- como el çfrica sudsahariana han dado prueba de una vitalidad literaria asombrosa, sobre todo si se toma en cuenta que, en el primer caso, las campañas de arabización emprendidas a raíz de la descolonización auguraban un repliegue de las letras en francés. Por lo que toca a las excolonias África negra, su arribo más tardío al discurso literario escrito no permitía predecir una irrupción tan vigorosa en ese ámbito. El caso es que en ambas regiones surgen plumas geniales que saben rescatar las tradiciones sin dejar de analizar su realidad con ojos críticos, que reivindican su identidad sin cerrarse al diálogo con el otro, que conocen el poder de la palabra y saben hacer uso de ella para que las generaciones actuales puedan hacer una mejor lectura del pasado y del presente.
Figuras pioneras como la del argelino Kateb Yacine o marroquí Ahmed Sefrioui abren paso, cada uno a su manera, a una generación clave en la que destacan Rachid Boudjedra, Mohammed Dib y Driss Chraïbi. Las obras nacidas en el tránsito de los años cincuenta a los sesenta traducen el desgarramiento provocado por una sociedad injusta y asfixiante, denuncian los abusos del régimen colonial pero también la opresión ejercida por un islam desvirtuado, rígido e hipócrita. A estas voces se unen las de Albert Memmi, Assia Djebar, Tahar Ben Jelloun, Mohammed Kaïr-Eddine, Tahar Djaout, Malex Haddad, que alían el genio poético a la mirada penetrante y sin complacencias de un pueblo desgarrado entre la tradición y la modernidad, entre el dogmatismo y el espíritu crítico, entre el arraigo y el exilio, en pocas palabras, a punto de la esquizofrenia. Para la generación de nuestros días, llamada beur, ese mundo funciona más como el telón de fondo cultural que heredaron de sus padres, pero su realidad actual es la de la inmigración; su contexto inmediato es el de las grandes urbes del primer mundo con un rostro cada vez más multirracial pero racista y despiadado, y estos jóvenes se ven obligados a enfrentar los desafíos de tal contexto.
La lengua del antiguo colonizador, antes símbolo de opresión y enajenación, se convierte en instrumento de expresión de experiencias dolorosas pero también de movilización de energías, de búsqueda, de interrogación, de experimentación. La actitud a veces iconoclasta, frente a un código hasta hace poco tenido por inviolable, obedece en gran medida a la enorme vitalidad con que las jóvenes generaciones de escritores francófonos han venido a enriquecer la lengua francesa.
Por razones no siempre equivalentes, los escritores negros han participado de manera determinante en ese renuevo literario. La explosión de la negritud fue la primera manifestación del genio poético de la raza negra. La lengua francesa no sonó igual en el grito de esos jóvenes que se atrevieron a pasar de la voz a la letra. Junto a los caribeños Césaire y Damas, los africanos Leopold Sédar Senghor y Birago Diop afirmaron su derecho a la palabra y lo hicieron en un francés que supo plegarse a su sensibilidad. Sin romper el vínculo entre la oralidad y la escritura, la lista de voces negras se alarga. Desde Cheik Anta Diop, Amadou Hampaté Bá, Cheik Hamidou Kane, Tchikaya U’Tamsi, Soni Labou-Tansi, Ousmane Sembene, Mariama Bä y tantos más de las primeras generaciones, hasta los más cercanos a nosotros como Henry Lopés, Tierno Monenembo, Aminata Sow Fall o Calixte Beyala, las sorpresas son inagotables.
Como en el caso del Magreb, para los escritores sudsaharianos la literatura es el espacio que permite recuperar la sabiduría de la tradición y recrear un imaginario ancestral, pero también meditar sobre el presente, cuestionar la realidad inmediata, las injusticias. De este modo, la lengua francesa ha sabido plegarse y moldearse a las sensibilidades más diversas, expresar las historias individuales y colectivas más irrepetibles, las realidades más impredecibles. Pero lo más importante es que, cuando nos acercamos a estos mundos, no podemos menos de descubrir un fondo universal que nos hermana y en el que indefectiblemente nos reconocemos.
Laura López Morales
Artículo aparecido en La jornada semanal el 12 de julio de 1998.



